Master Migration #1

Etudier les migrations à l’aune de la perspective intersectionnelle et post-coloniale

Ce séminaire scientifique de rentrée du master Migrations de l’Université de Poitiers aura lieu le 28 septembre 2022, de 14h à 16h30

Lieu : MSHS – bât. A5 – Salle des Conférences

 

affiche séminaire Master Migration
Premier séminaire 2022 du Master Migration.

Intervenants

Chadia ARAB est géographe, Chargée de recherche au CNRS ESO-Angers (UMR 6590) – Espaces et Sociétés. Spécialiste des migrations internationales, ses recherches portent sur les migrations marocaines en Europe et dans les pays du Golfe. Elle est membre du comité de rédaction de Migrations Société, et co-directrice d’une collection aux Presses universitaires de Rennes.

Mustapha EL MIRI est maître de conférences en sociologie à Aix-Marseille Université et chercheur à l’Institut d’économie du travail et de sociologie industrielle (LEST-UMR7317).  Ces dernières années, ses principales recherches ont porté sur les migrations entre le Maroc et l’Europe, la racialisation des migrants « subsahariens » et le racisme global et l’articulation entre M-migration et fait colonial en sciences sociales. Il dirige actuellement un groupe de recherche international, le MIJMA, sur la migration internationale des jeunes et des mineurs indépendants. La migration des jeunes mineurs africains vers l’Europe : Transnationalisation et processus d’autonomisation précoce ?

Chadia ARAB : Les Migrations marocaines au prisme d’une géographie intersectionnelle

La migration est ici étudiée à travers une approche intersectionnelle dans des courants de la géographie identifiée (telle que celle du genre, des migrations, et d’une géographie en construction dite « décoloniale ») et aussi d’une micro-géographie. Les femmes qui migrent produisent des changements économiques, sociaux et territoriaux au sein de leur famille, de leur pays d’origine et d’installation, dans des perspectives d’ascension sociale et de transformations de leurs espaces de vie.  Avec deux terrains principaux que sont Dubaï aux Émirats Arabes Unis et la province de Huelva en Espagne, je tenterais de mieux saisir en quoi les migrations des femmes produisent et fabriquent pour certaines des dynamiques d’émancipation et pour d’autres induisent des processus de marginalisation dans des contextes mondialisés et postcoloniaux différents.

Mustapha EL MIRI : Le poids de l’héritage culturel colonial dans les discours savants et politiques sur les migrations.  Pour une dénationalisation de la question migratoire

L’intensité voire la violence des débats, polémiques et controverses autour des questions de la mémoire coloniale et de ses effets sur les représentations et la place faite aux migrants des anciennes colonies révèle à quel point les périodes de la colonisation et de la décolonisation continuent de travailler la société française et de manière plus large les sociétés occidentales.

Le brouillage des frontières entre débats scientifiques et politiques, la circulation des catégories mobilisées qui en découle, dans les controverses sur la mémoire coloniale, et leur articulation avec le fait migratoire, les phénomènes de racisme et de discriminations, les inégalités ethno-raciales, le terrorisme islamiste, la délinquance, révèlent la confusion des genres, la polarisation des points de vue et la difficile émancipation du débat scientifique des enjeux socio-politiques. Mais l’intensité des conflits autour d’un sujet qui était, jusqu’à présent, en France cantonné à un cercle d’intellectuels engagés ou spécialistes du champ, aux amphis des universités et aux éditeurs académiques ne peut être comprise qu’au regard de l’articulation entre le débat sur la mémoire coloniale et la question de « l’immigration » véritable obsession du débat politique. Dans les discours scientifiques comme politiques la question de l’histoire coloniale convoque systématiquement avec elle celle des migrants provenant des anciennes colonies d’Afrique (du Nord comme subsaharienne).

Billet de terrain #10

Dans le territoire grenoblois, associations, collectifs et citoyens s’organisent pour l’hébergement des personnes migrantes

Par Pauline Ronchera,  étudiante en Master 2 Migrations internationales de l’Université de Poitiers/UMR 7301 Migrinter)

« Avant 1914, la terre avait appartenu à tous les hommes. Chacun allait où il voulait et y demeurait aussi longtemps qu’il lui plaisait ». C’est le monde décrit par l’écrivain Stefan Sweig, un monde qui apparaît aujourd’hui révolu. Aujourd’hui c’est le temps des murs qui agissent comme des barrières frontalières. Les sociétés contemporaines à l’échelle européenne et internationale se sont dotées d’instruments de contrôle migratoire et ont construit des pièges territoriaux. C’est le discours d’une Europe submergée par des flux, des vagues de migrants qui justifient la floraison des barrières, des murs, des contrôles migratoires. Un objectif : réguler pour régler la “crise migratoire”, celle dépeint dans les discours politiques et médiatiques depuis maintenant plusieurs années. C’est une politique de non accueil que vivent au quotidien les demandeurs d’asile et les personnes migrantes.

Au nom de l’hospitalité et d’un accueil digne des personnes migrantes, des associations, des collectifs et des citoyens s’organisent à l’échelle du territoire grenoblois mais également en France et en Europe pour pallier aux manquement de l’État en matière d’hébergement. En effet, les dispositifs d’hébergement public des personnes migrantes sont défaillants.

Plusieurs éléments ont été observés dans ce sens lors de mon terrain, tout d’abord structurellement on constate que l’hébergement est bouché (Braud, Fisher, Gaterlier : 2018).

 

“Nous sommes navrés mais nous n’avons plus de places”

Un demandeur d’asile sur deux. Ce chiffre est alarmant.

Lors des permanences d’accueil de jour du Secours Catholique de Grenoble où j’ai pu réaliser mon stage de M2, j’ai été confrontée tous les jours à la même demande : le besoin d’un hébergement. J’ai rencontré des hommes seuls, des femmes avec ou sans enfants, des femmes enceintes, des familles et des mineurs isolés étrangers : tant de situations vulnérables et de personnes non hébergées depuis des semaines, des mois et des années pour certains.

Tous les matins, appel au 115 (dispositif qui gère l’hébergement d’urgence) pour signaler ces personnes à la rue et qui m’attendent dans mon bureau.Souvent la même rengaine au téléphone : « nous sommes navrés mais nous n’avons plus de places ». Cette personne devra donc retourner à la rue faute de solution car même les associations, les collectifs citoyens ne parviennent pas à pallier à l’inhospitalité publique.

Au cours de mon terrain, à la fois dans mes missions de stages et dans le cadre de mon mémoire, j’ai rencontré différents acteurs de l’hospitalité privée. Plusieurs constats apparaissent très clairement: tout d’abord, il est très difficile d’héberger des familles dans les réseaux d’hospitalité citoyenne. De nombreuses associations et collectifs fonctionnent sous la forme d’un réseau de familles d’accueil. Cette forme d’accueil s’avère inadaptée pour l’accueil des familles – souvent des femmes avec enfants – car trop lourd à porter pour les accueillants. De plus, parmi les personnes à la rue, il y a souvent des mineurs non reconnus mineurs par le Département et donc dans un entre deux juridique : « ni mineur » « ni majeur ». Ils sont rarement hébergés par le dispositif d’hébergement d’urgence faute de places comme évoqué plus haut et leur situation administrative complexe ne leur permet pas d’être hébergé en CADA (Centre d’Accueil de Demandeurs d’Asile) car tant qu’ils ne sont pas majeurs, ils ne peuvent pas déposer une demande d’asile. Ces jeunes accompagnés par le Secours Catholique sont hébergés via un partenariat avec plusieurs réseaux d’accueil citoyen : le réseau Esaïe du Diaconat Protestant qui accueillent également des personnes déboutées sous la forme d’un hébergement tournant en familles d’accueil, l’association diocésaine Solidarité Saint-Martin qui accueille sous la forme de plusieurs abris, trois au total. Deux abris pour les jeunes hommes et un abri pour les femmes. L’accueil prend également la forme de comités. Ces derniers sont généralement en lien avec une paroisse. En ce qui concerne le fonctionnement, c’est un hébergement en appartement où un groupe de bénévoles prend en charge le loyer et accompagnent les personnes hébergés. L’association, Solidarité Saint-Martin, compte 8 comités dispersés sur l’ensemble du département isérois.

L’hébergement citoyen permet ainsi d’héberger des mineurs non reconnus mineurs en recours et des jeunes majeurs. Pour ces derniers, lorsqu’ils décident de déposer une demande d’asile à leur majorité, si une place est disponible ou qu’un nouveau pétale1 se crée, ils peuvent être hébergés au sein du réseau JRS Welcome pour une durée maximum de 9 mois et un changement de familles toutes les 4 à 6 semaines.

État des lieux des jeunes accompagnés par le Secours Catholique, hébergés par les réseaux d’accueil partenaires.  (Ronchera.P : 2022)

Le territoire grenoblois est un territoire riche en initiatives hospitalières et solidaires. Cependant, une des limites observées sur mon terrain de recherche réside dans le fait que ces actions citoyennes restent insuffisantes au regard des nombreuses personnes migrantes qui sont à la rue. Ce sont des gouttes d’eau qui ne remplaceront jamais une politique d’accueil qui traite avec dignité et humanité les personnes migrantes.

 

1.Un pétale désigne le regroupement de foyers accueillants qui accueillent à tour de rôle une personne migrante.

Références :

Agier Michel (2018), « L’étranger qui vient. Repenser l’hospitalité », Paris : Seuil.

Babels (Michel Agier dir.), « Hospitalité en France : Mobilisations intimes et politiques », Lyon, Le passager clandestin, 2019, 156 p. (Bibliothèques des frontières).

Braud Fanny, Fischer Bénédicte et Gatelier Karine, « L’hébergement des demandeurs d’asile à l’épreuve d’administrations françaises en crise. Une analyse locale : l’exemple de Grenoble. », La Revue des droits de l’homme [En ligne], 13 | 2018.

Gerbier-Aublanc Marjorie, « Un migrant chez soi », Esprit, n°446-447, juillet-août 2018.

Billet de terrain #9

Récits de solidarité informelle dans une « Ville Accueillante » : la gare de Poitiers, la galère et l’entraide.

Par Victor Florencio Ramos Biserra,  étudiant en Master 2 Migrations internationales de l’Université de Poitiers/UMR 7301 Migrinter)

Enquêter sur une ville accueillante pour les personnes migrantes demande une véritable immersion sur le terrain. C’est au quotidien que nous pouvons observer les différentes pratiques de solidarité menées par différents acteurs pour aider les personnes plus précaires, notamment celles et ceux qui viennent d’arriver dans une nouvelle ville, dans un nouveau pays. Ces dynamiques peuvent avoir de nombreuses caractéristiques, elles peuvent être individuelles ou collectives, formelles ou informelles, sporadiques ou permanentes. De plus, elles sont parfois aussi le fruit de l’investissement des acteurs politiques, associatifs ou, tout simplement, des habitants locaux[1].

Cette diversité caractérise aussi Poitiers alors que depuis 2020 la municipalité est engagée pour transformer Poitiers en « Ville Accueillante ». La politique municipale d’accueil mobilise divers acteurs et concerne différents publics. De mon côté, depuis 2021 dans un travail collaboratif avec les migrants, je questionne les imaginaires autour de la « ville accueillante ».

” C’est la galère”

Lors de mon stage au pôle REMIV, Ressources pour les mineurs isolés en Vienne, à la Maison des 3 quartiers de Poitiers, j’ai pu connaître de multiples histoires vécues par les jeunes qui fréquentent cet espace. Ces récits évoquent notamment la galère. Celle alors que vous arrivez dans un pays où vous ne maîtrisez pas les codes et, parfois, même pas la langue. La galère quand vous êtes dans une ville où vous ne connaissez personne. De plus, il fait nuit et froid. Vous regardez les gens qui passent mais vous ne savez pas quoi faire. Bref, « c’est la galère », comme disent les jeunes rencontrés.

À Poitiers, pour ces jeunes, tout se passe à la gare ferroviaire et routière. Assis sur un banc, les nouvelles et nouveaux arrivants attendent et réfléchissent à ce qu’il vont faire. Face au manque d’informations, la peur et l’incertitude, c’est le moment d’aller vers l’autre, vers l’inconnu pour demander des renseignements, de l’aide. Parfois, le plan est très réfléchi. Ils abordent les gens qui parlent la même langue ou qui ressemblent aux gens de leur pays. Parfois, c’est du pur hasard. À la fin, certaines rencontres avec l’Autre permettent de tisser différents liens d’entraide

Certains ont pu être hébergés quelques jours voire des mois chez la personne rencontrée, d’autres ont obtenu de l’aide financière ou alimentaire, des renseignements, et ont été accompagnés vers les associations, les dispositifs d’hébergement d’urgence ou vers l’ASE (Aide Sociale à l’Enfance).

Certains récits m’ont marqué et motivé à creuser plus sur les pratiques informelles de solidarité aux alentours de la Gare de Poitiers. Peu à peu, de multiples histoires d’entraide entre les personnes migrantes ont été mises au jour. Par exemple, entre 2017-2018, plusieurs personnes rencontrées m’ont parlé d’un certain Mamadou qui aidait celles et ceux en grande précarité à la gare. C’est grâce à lui que plusieurs personnes ont pu connaître le réseau associatif poitevin, les dispositifs d’aide de l’État et les multiples démarches administratives en France.

Lors d’une matinée au REMIV, j’observe la rencontre de R. avec A, deux « anciens » du REMIV. Les deux se saluent chaleureusement avec un grand « waouh, ça fait longtemps mon frère ! ». R. me raconte leur histoire pendant qu’on mangeait des gâteaux au chocolat. Les deux se sont croisés au foyer de l’ASE en 2018 mais chacun a pris son chemin à la suite de la décision de non-reconnaissance de leur minorité.

À son arrivée, R. ne parlait un mot de français. Pendant plusieurs jours il a erré dans les rues de Poitiers, sans manger et sans savoir comment faire pour trouver de l’aide. C’est aux escaliers de la gare qu’il a croisé A. Même sans pouvoir communiquer par des mots, A. comprend la situation. Il ouvre son sac et lui donne un paquet de gâteau, le même que nous étions en train de manger lors de cette discussion à trois. Très ému, R. me dit que la vie en France est très dure, mais parfois on rencontre des « gens chouettes » qui sont là pour aider.

Cette expérience de solidarité entre R. et A., me fait penser à S.D, jeune adulte qui venait régulièrement au REMIV. Très souriant et sympathique, il avait toujours des démarches à faire. Parfois pour lui, mais souvent pour les personnes de sa famille. En creusant un peu sur sa vie, j’ai découvert qu’il avait effectivement de la famille dans la région, mais que la plupart des personnes qu’il accompagnait au REMIV étaient des personnes qu’il avait rencontrées dans la galère et qu’il aidait. Au fil du temps, ils sont devenus des membres de sa famille.

Tu sais, il faut aider les gens. Ce n’est pas parce que t’es noir ou blanc que tu dois oublier les autres. On est tous des être humains et on doit aider ceux qui sont dans le besoin.”

S.D

Ce jour là, il venait d’aider un « Ukrainien » qui errait dans la gare. En effet, c’était un jeune ressortissant du continent Africain, qui était en Ukraine et qui a subit le parcours du combattant pour pouvoir se protéger en France. Face à la politique d’accueil sélective de l’État, c’est S.D qui a fait le premier accueil de cette personne.

Mamadou, A. et SD sont des exemples de personnes qui participent à la transformation de Poitiers en ville accueillante.

“En Afrique, il n’y a pas d’associations comme ici. Là bas on est tous des associations. On aide tout le monde comme on peut 

Jeune guinéenne

Leurs récits sont inspirants et montrent que nous avons beaucoup à apprendre avec eux. De plus, ces histoires de vie démontrent que les personnes migrantes peuvent et sont actrices dans l’accueil au niveau local[2]. Plusieurs personnes rencontrées ont exprimé leur envie d’aider celles et ceux qui subissent la même galère qu’ils ont subi à leur arrivée à Poitiers.

Contre l’inhospitalité de l’État, soyons toutes et tous des associations, soyons solidaires. Unissons-nous et agissons pour montrer qu’une autre forme d’accueil est possible !

[1] FLAMANT,Anouk ; LACROIX, Thomas. « La construction négociée de l’accueil des migrants par les municipalités ». Migrations Société, CIEMI, 2021, “ Villes et territoires accueillants ” en France et ailleurs, pp.15-29.

[2] AGIER, Michel. « L’étranger qui vient : repenser l’hospitalité ». Paris, Seuil, 145 p.

Prise de vue par Victor FLORENCIO. Poitiers, 2021.

Exil et politique : l’espace-temps de la politisation en exil

Les deux journées d’étude organisées le Jeudi 9 et vendredi 10 juin 2022 par l’ANR PACE ont pour thème l’exil et la politique, et pour titre « L’espace-temps de la politisation en exil ». Elles se déroulent à l’Université de Poitiers, UFR Sciences humaines et art (centre ville de Poitiers).

Les communications des deux journées sont structurées autour de deux thèmes :

  1. Prolongements et recompositions transnationales des engagements entre ici et là-bas
  2. Ressorts, espaces et outils des processus de politisation en exil

Programme

Télécharger le programme Exil & Politique.

Jeudi 9 juin / 10 h 00 – 18 h 45
Amphithéâtre Pierre Bourdieu, E18, Hôtel Fumé, 8 Rue Descartes.

9 h 30 – 10 h 00 : Accueil des participants & café
10 h 00 – 10 h 15 : Introduction à la journée

10 h 15 – 12 h 45 : Panel 1 – Prolongement des engagements dans l’exil – Modératrice : Pauline Brücker

  • Sadio Soukouna, Carrières militantes et logiques d’engagement politique d’exilés maliens
  • Marie Bassi, Carrières d’engagement et processus de politisation des Soudanais en France
  • Tony Rublon, La construction des parcours migratoire au prisme des appartenances politiques : illustration des migrants originaires de Turquie
  • Léo Fourn, L’exil comme espace de dépolitisation ? Le désenchantement militant des exilés syriens en France et au Liban

12 h 45 – 14 h 00 : Déjeuner

14 h 00 – 15 h 45 : Panel 2 – Recomposition et institutionnalisation des engagements dans l’exil Modératrice : Hélène Le Bail

  • Mathilde Zederman, Les espaces d’« entre-soi militant » en exil. Le cas des sociabilités militantes du mouvement islamiste tunisien exilé en France (1981-2018)
  • Thomas Posado, L’institutionnalisation de l’exil vénézuélien à Madrid (2014-2022)
  • Maxime Christophe, Voix baloutches – figures d’un groupe d’exilés politiques

15 h 45 – 16 h 15 : Pause-café

16 h 15 – 18 h 45 : Panel 3 – Expériences de la violence et espaces de politisation en exil – Modérateur : Olivier Clochard

  • Eleftheria Theodora Koutsioumpa, Politisation des exilés par l’engagement communautaire ? L’exemple des groupes de réfugiés « autoorganisés » dans les camps de réfugiés à Lesbos, Grèce
  • Charlotte Watelet, L’exil ou le retour de l’histoire
  • Pauline Brücker, La politisation au guichet de l’asile. Le cas des exilé.e.s soudanais au Caire.
  • Hélène Le Bail & Ya-Han Chuang, Marginalité et politisation. Apprendre à défendre ses droits face aux violences. Expériences de non-résilience des immigré.e.s chinois.es en Ile de France

19 h 30 : Diner

Vendredi 10 juin / 9 h 00 – 16 h 45
Salle Crozet, Hôtel Berthelot, E13, Rez-de-chaussée du bâtiment, 24 Rue de la Chaîne.

9 h 15 – 11 h 00 : Panel 4 – Se mobiliser autrement : outils médiatiques et artistiques – Modératrice : Marie Bassi

  • Olga Bronnikova, L’exil comme contournement des frontières numériques russes. L’enquête sur les militants pour l’Internet libre dans les pays de l’UE (2017-2021)
  • Ophélie Mercier, « Devenir étranger » : La transformation du rapport au corps comme levier de conversion de l’engagement politique en exil
  • Farida Souiah, « On vous laisse le pays » : paroles et actes protestataires en Méditerranée.
  • Ethnographie digitale des vidéos de traversées de harraga Algériens.

11 h 00 – 11 h 15 : Pause-café

11 h 15- 13 h 00 : Panel 5 – Les effets de la politisation des exilés sur les sociétés d’accueil – Modératrice : Clara Lecadet

  • Alison Bouffet, L’exil et la démocratisation des sociétés d’installation Subjectivation politique et immigration chez Jacques Rancière
  • Remi Carcélès, Les entrepreneurs de la cause kurde en exil et leurs soutiens en France
  • Youri Lou Vertongen, La mobilisation en faveur de la régularisation en Belgique entre 2014 et 2020 : autonomie et collaborations conflictuelles entre acteurs ‘avec’ et ‘sans-papiers’

13 h 00 – 14 h 30 : Déjeuner

14 h 30 – 16 h 45 : Table ronde conclusive avec Piedro Vianna et Alain Morice

Comité d’organisation

  • BASSI Marie, politiste, MCF, Université de Nice
  • BRÜCKER Pauline, politiste, Post doctorante, Migrinter – Université de Poitiers
  • CLOCHARD Olivier, géographe, CR CNRS, Université de Poitiers
  • LE BAIL Hélène, politiste, CR CNRS, CERI-Sciences Po, Institut Convergences Migrations
  • LECADET Clara, anthropologue, CR CNRS, LAP, CNRS-EHESS

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Camps et environnement #2 Les migrations environnementales

La séance #2 du séminaire « Camps et environnement » du Jeudi 31 Mars 2022, de 14h-17h s’intitule « les migrations environnementales ».

En introduction, Etienne Piguet  (professeur de géographie, Université de Neûchatel) présente l’historique et l’état actuel de la recherche sur les migrations « environnementales ». Il revient sur les dernières décennies de questionnements sur ce sujet, en évoque les pistes et les impasses à partir du programme PEEMPASS (Sénégal). Florian Bonnefoi (doctorant en géographie, Migrinter-CEDEJ) intervient ensuite pour présenter les particularités du cas égyptien, qu’il étudie dans le cadre de sa thèse : si le delta de Nil est extrêmement vulnérable face aux effets des changements climatiques, « l’environnement » n’est pas souvent présenté comme un facteur déclenchant des migrations. En conclusion, Pauline Brücker (docteure en sciences politiques et post-doctorante à Migrinter, chercheure associée au CERI) fait le lien entre les deux interventions, et questionne justement la pertinence du critère environnemental dans les projets migratoires.

seminaire Camps et environnement - affiche avec 3 intervenants#2

Nouvelles questions ethniques – REMI vol.37 n°3 & 4

La Revue Européenne des Migrations Internationales a le plaisir de vous annoncer la parution de son dernier numéro

Nouvelles questions ethniques

La question ethnique a toujours été polémique. Dans les années 1980, certains anthropologues ont estimé devoir s’en détourner afin de créer une rupture avec des représentations perçues comme liées à la colonisation. Dans les dernières décennies, nombre de chercheurs ont complexifié son approche théorique, et il importe de faire le point en relation avec les nouvelles conditions historiques, postcoloniales et postsocialistes, la généralisation du marché mondial et celle de la circulation des personnes et des biens, ainsi qu’avec le renforcement du phénomène diasporique. Les contributions à ce dossier montrent que, loin de s’apparenter à un archaïsme, les appartenances ethniques manifestent une réelle capacité d’adaptation dans un contexte toujours dominé par les entités nationales. L’identification ethnique, une des modalités de la perception de l’altérité, ne saurait cependant être limitée aux minorités. Ce dossier donne à connaître les points de vue de l’intérieur de ces appartenances à partir de terrains ethnographiques diversifiés : migrations entre Sénégal et France, marchandisation du « mariage marocain », pratique d’un islam mahorais, diaspora asiatique à Paris, soins ethnicisés à l’hôpital. Il apporte aussi de nouvelles approches théoriques en ouvrant la « situation ethnique » aux dynamiques de globalisation, ou en la différenciant des problématiques liées au racisme et aux discriminations.

New Ethnic Issues

The ethnic question has always been controversial. In the 1980s, some anthropologists thought to turn away from it in order to break away from representations perceived as related to colonization. In the last decades, many researchers have contributed to deepen its theoretical approach, and it is now important to take stock in relation to the new historical, postcolonial and post-socialist conditions, the generalization of the world market and that of the movement of people and goods, as well as the strengthening of diverse diasporas around the world. The contributions to this issue demonstrate that, far from being archaic, ethnic affiliations show a real capacity of adaptation in a context dominated by national entities. But ethnic identification, one of the modes of perception of otherness, should not be limited to minorities. Offering views from the inside of these affiliations, a variety of ethnographic fields are presented: migrations between Senegal and France, commodification of “Moroccan marriage”, practice of a Mahorais Islam, Asian diaspora in Paris, ethnic care in the hospital. This issue also brings new theoretical approaches opening up the “ethnic situation” to the dynamics of globalization, or differentiating it from concerns related to racism and discrimination.

Dossier coordonné par Anne Raulin et Chantal Crenn

Anne Raulin et Chantal Crenn

Éditorial : Nouvelles questions ethniques

John Comaroff and Jean Comaroff

The Wealth of Ethno-Nations: Notes on the Identity Economy

Rim Affaya

Quatre demoiselles d’Avignon : marchandisation du « mariage marocain » en Europe et fin du sujet ethnique

Rébecca Ndour

Le rôle de l’ethnicité dans les associations culturelles de migrants. Le cas des Sereer (Sénégal) de Dakar et d’Île-de-France

Hugo Bréant

« Les gens des îles voisines ». Ethnicisation des relations sociales et place des immigrés comoriens dans les mosquées de Mayotte

Jing Wang

Communautés imaginées et reconnaissance républicaine : la diaspora asiatique en France

Rosane Braud

L’ethnicité dans le soin. Perceptions et possibilités d’agir des minorisés

Hélène Bertheleu

Actualité théorique des relations interethniques. Ethnicité et race dans la sociologie francophone

Portfolio 

Jing Wang

La diaspora asiatique : quelle exposition dans l’espace public ?

Varia

Kira Kaurinkoski

La migration de retour des Grecs d’ex-Union soviétique en Grèce. Réflexions sur les logiques diasporiques d’exclusion et d’appartenance

Mila Sanchez

Représentations de l’Europe et intégration régionale : le rôle des migrants qualifiés originaires des nouveaux États membres en France

Chronique juridique

Karine Parrot

La barrière inhumaine des visas : les juges des droits de l’Homme décident de laisser faire

Arts et Migrations #5 Les arts de l’hospitalité

La séance #5 du séminaire « Arts et Migrations » du Jeudi 3 Mars 2022 s’intitule « les arts de l’hospitalité ».

Table ronde avec les associations Le Toit du MondeGigacircus et Ressources pour les Mineurs isolés étrangers en Vienne (Maison des Trois Quartiers).

Concert à l’issue de la table ronde avec les Young révolution 86.

Cet événement marque un temps des échanges qui se sont engagés depuis novembre 2021 dans le cadre de la thématique « Arts et migrations » qui a guidé le cycle de conférences organisé avec le laboratoire Migrinter (CNRS, université de Poitiers). Interrogeant les liens, les circulations des humains, des œuvres, nous avons débuté avec le contexte historique du métissage du XVIe siècle avec l’historien Serge Gruzinski, « Mondialisation ibérique, circulations des arts et des métissages« . La trajectoire des migrations, le dire des frontières sont autant de récits mêlant fiction et réel, par ces croisements, la chercheuse Elara Bertho a parlé de ces politiques de la fiction. Avançant encore dans ces articulations, l’ethnologue et artiste Sylvie Marchand a évoqué les rencontres artistiques qu’elle permet avec Gigacircus et avec les demandeurs d’asiles : hospitalité en actions artistiques. Enfin, le corps entre en jeu dans la création entre le chorégraphe Thierno Ndiaye et la doctorante en anthropologie Marie Lasserre avec la présentation conférence jouée Travers et traversées de frontières.

Dans le cadre du cycle de conférences Migrations internationales et lutte contre les discriminations, en partenariat avec l’Espace Mendès France et le laboratoire Migrinter – Unité mixte de recherche du CNRS et de l’université de Poitiers. Direction scientifique pour Migrinter : Brenda le Bigot et Jordan Pinel, et Héloïse Morel pour l’Espace Mendès France.

Modalités d’accès :
Tous publics.
Sur réservation.
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Arts et Migrations #4 Danse et anthropologie : travers et traversées de frontières

La séance #4 du séminaire « Arts et Migrations » du Jeudi 3 février 2022, s’intitule « Danse et anthropologie : travers et traversées de frontières ».

Conférence de Marie Lasserre, doctorante en anthropologie à l’EHESS et Thierno Ndiaye, danseur et chorégraphe.

À l’origine duo de piano et de danses sabar, la performance Travers imaginée par Marie Lasserre et Thierno Ndiaye, entièrement basée sur la thèse de la première et sur les cheminements migratoires individuels et collectifs du deuxième, approche l’anthropologie par la danse, approche la danse par l’anthropologie. Comment ces deux territoires se côtoient dans des frictions arts et sciences ? Il s’agit d’aborder les expériences migratoires par la collaboration entre recherche et pratique artistique. Ou comment évoquer des traversées de frontières multiples en traversant les frontières disciplinaires ?

Dans le cadre du cycle de conférences Migrations internationales et lutte contre les discriminations, en partenariat avec l’Espace Mendès France et le laboratoire Migrinter – Unité mixte de recherche du CNRS et de l’université de Poitiers. Direction scientifique pour Migrinter : Brenda le Bigot et Jordan Pinel, et Héloïse Morel pour l’Espace Mendès France.

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e-Migrinter – # 22

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Couverture du n°22 – Crédits : Dessin : Mélina Vigneron. Infographie : e-migrinter 2020, Nelly Martin 2021.

 

e-Migrinter innove avec son premier numéro varia accessible sur la plateforme open-edition. S’y « rencontrent » des articles de différents horizons, issus du séminaire organisé par le Réseau Migration en 2017, ou inscrits dans la continuité du numéro 21 de la revue publié en 2020 « Famille et migration ». Dans ces articles scientifiques, mais aussi à travers les autres rubriques (note de lecture, vie du laboratoire), la thématique de la parole des migrant·es et des discours sur les migrations s’illustre finalement comme un fil rouge, à suivre en parcourant ce numéro.

Ont collaboré à ce numéro :
Brenda Le Bigot***, Tony Rublon*, Lydie Déaux*, Carole Tardif**, Jordan Pinel, Camille de Vulpillières, Jose Manuel Gomez Lozano, Calvin Minfegue, Nelly Martin
[* Secrétaire de rédaction, ** Assistante d’édition, *** Rédactrice en chef].

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