Exil et politique : l’espace-temps de la politisation en exil

Les deux journées d’étude organisées le Jeudi 9 et vendredi 10 juin 2022 par l’ANR PACE ont pour thème l’exil et la politique, et pour titre « L’espace-temps de la politisation en exil ». Elles se déroulent à l’Université de Poitiers, UFR Sciences humaines et art (centre ville de Poitiers).

Les communications des deux journées sont structurées autour de deux thèmes :

  1. Prolongements et recompositions transnationales des engagements entre ici et là-bas
  2. Ressorts, espaces et outils des processus de politisation en exil

Programme

Télécharger le programme Exil & Politique.

Jeudi 9 juin / 10 h 00 – 18 h 45
Amphithéâtre Pierre Bourdieu, E18, Hôtel Fumé, 8 Rue Descartes.

9 h 30 – 10 h 00 : Accueil des participants & café
10 h 00 – 10 h 15 : Introduction à la journée

10 h 15 – 12 h 45 : Panel 1 – Prolongement des engagements dans l’exil – Modératrice : Pauline Brücker

  • Sadio Soukouna, Carrières militantes et logiques d’engagement politique d’exilés maliens
  • Marie Bassi, Carrières d’engagement et processus de politisation des Soudanais en France
  • Tony Rublon, La construction des parcours migratoire au prisme des appartenances politiques : illustration des migrants originaires de Turquie
  • Léo Fourn, L’exil comme espace de dépolitisation ? Le désenchantement militant des exilés syriens en France et au Liban

12 h 45 – 14 h 00 : Déjeuner

14 h 00 – 15 h 45 : Panel 2 – Recomposition et institutionnalisation des engagements dans l’exil Modératrice : Hélène Le Bail

  • Mathilde Zederman, Les espaces d’« entre-soi militant » en exil. Le cas des sociabilités militantes du mouvement islamiste tunisien exilé en France (1981-2018)
  • Thomas Posado, L’institutionnalisation de l’exil vénézuélien à Madrid (2014-2022)
  • Maxime Christophe, Voix baloutches – figures d’un groupe d’exilés politiques

15 h 45 – 16 h 15 : Pause-café

16 h 15 – 18 h 45 : Panel 3 – Expériences de la violence et espaces de politisation en exil – Modérateur : Olivier Clochard

  • Eleftheria Theodora Koutsioumpa, Politisation des exilés par l’engagement communautaire ? L’exemple des groupes de réfugiés « autoorganisés » dans les camps de réfugiés à Lesbos, Grèce
  • Charlotte Watelet, L’exil ou le retour de l’histoire
  • Pauline Brücker, La politisation au guichet de l’asile. Le cas des exilé.e.s soudanais au Caire.
  • Hélène Le Bail & Ya-Han Chuang, Marginalité et politisation. Apprendre à défendre ses droits face aux violences. Expériences de non-résilience des immigré.e.s chinois.es en Ile de France

19 h 30 : Diner

Vendredi 10 juin / 9 h 00 – 16 h 45
Salle Crozet, Hôtel Berthelot, E13, Rez-de-chaussée du bâtiment, 24 Rue de la Chaîne.

9 h 15 – 11 h 00 : Panel 4 – Se mobiliser autrement : outils médiatiques et artistiques – Modératrice : Marie Bassi

  • Olga Bronnikova, L’exil comme contournement des frontières numériques russes. L’enquête sur les militants pour l’Internet libre dans les pays de l’UE (2017-2021)
  • Ophélie Mercier, « Devenir étranger » : La transformation du rapport au corps comme levier de conversion de l’engagement politique en exil
  • Farida Souiah, « On vous laisse le pays » : paroles et actes protestataires en Méditerranée.
  • Ethnographie digitale des vidéos de traversées de harraga Algériens.

11 h 00 – 11 h 15 : Pause-café

11 h 15- 13 h 00 : Panel 5 – Les effets de la politisation des exilés sur les sociétés d’accueil – Modératrice : Clara Lecadet

  • Alison Bouffet, L’exil et la démocratisation des sociétés d’installation Subjectivation politique et immigration chez Jacques Rancière
  • Remi Carcélès, Les entrepreneurs de la cause kurde en exil et leurs soutiens en France
  • Youri Lou Vertongen, La mobilisation en faveur de la régularisation en Belgique entre 2014 et 2020 : autonomie et collaborations conflictuelles entre acteurs ‘avec’ et ‘sans-papiers’

13 h 00 – 14 h 30 : Déjeuner

14 h 30 – 16 h 45 : Table ronde conclusive avec Piedro Vianna et Alain Morice

Comité d’organisation

  • BASSI Marie, politiste, MCF, Université de Nice
  • BRÜCKER Pauline, politiste, Post doctorante, Migrinter – Université de Poitiers
  • CLOCHARD Olivier, géographe, CR CNRS, Université de Poitiers
  • LE BAIL Hélène, politiste, CR CNRS, CERI-Sciences Po, Institut Convergences Migrations
  • LECADET Clara, anthropologue, CR CNRS, LAP, CNRS-EHESS

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Migrations, réflexivité, engagement

Les 2 journées d’étude MiREnge pour « Migrations, réflexivité, engagement », co-organisées par Migrinter, le Lisst, l’Urmis et l’ICM se déroulent les 7 et 8 avril 2022 à Poitiers. Elles ont pour titre et thème : « Epistémologie et méthodologies dans les approches critiques des migrations – Engagement et réflexivité ».

Ces journées sont également diffusées en direct à ce lien : https://univ-poitiers.webex.com/univ-poitiers/j.php?MTID=m98535febedb82ecd01f39f08a262f06b

Programme

 

Le programme complet se télécharge en PDF.

jeudi 7 avril 2022

9h30 : Accueil des participants
10h-10h15 : Présentation des deux journées
10h15 – 13h : Axe 1 : S’engager par/avec le terrain
Discutante : Giulia Breda, Université Côte d’Azur, ICMigrations
La recherche en collaboration dans un contexte de criminalisation de la solidarité, Maria Dolores Paris, Colegio de la Frontera Norte, Tijuana, Mexique
Agents et agences : circulation des modèles de gouvernance de la migration dans la Tunisie post-2011, Marouen Taleb, IRMC/AFD
S’engager pour observer. Réflexions pratiques et éthiques sur un terrain en zones d’attente, Judith Marcou, IRIS-EHESS Paris

13-14h pause

14h-17h : Axe 2 : Terrains violents et neutralité axiologique
Discutante : Sonia Missaoui, LISST, Université Toulouse Jean Jaurès, CNRS
Neutralité, objectivité et engagement dans le travail de terrain avec les migrants : notes
pour la discussion
, Yerko Castro Neira, Universidad Iberoamericana de Mexico, Département de Sciences Sociales et Politiques
Quand la présence déconstruit la violence. Trianguler la tension action-réflexion via la
formation
, Cécile Dubernet, Faculté des sciences sociales et économiques, Institut catholique de Paris
« Horizons violents » : temporalités, subjectivités et espaces. Croiser des terrains pour
penser les migrations à partir d’Haïti
, Maud Laëthier, URMIS – IRD, Université Paris Cité, CNRS

vendredi 8 avril 2022

10h-12h30 : Axe 3 : Multiplication des catégories émiques et dépolitisation des situations migratoires
Discutante : Stéphanie Lima, LISST, INU Champollion, ICM
Quand les migrants « signent la déportation » ou servent d’ « intermédiaires indigènes ». Appréhender les retours volontaires entre discours émique et élaboration heuristique. Anissa Maâ, Université libre de Bruxelles
« Nommer quand même ? Stratégies historiennes face aux catégorisations de l’altérité dans
l’espace public »
, Yvan Gastaut, URMIS, Université côte d’Azur, IRD, CNRS

12h30-14h pause

14h-16h00 : Axe 4 : Chercheur.e situé.e et posture réflexive
Discutant.e : Brenda Le Bigot, Migrinter, Université de Poitiers ICM
Étudier le gouvernement des migrations ‘par le haut’? Méthodologie et réflexivité en terrain
inconnu
, Nora El Qadim, Université Paris 8, CRESPPA-Labtop/ ICM ; Lorena Gazzotti, Casa de Velazquez
Des biais de genre à décentrer : (re)penser son positionnement de recherche au prisme des
masculinités
, Emeline Zougbede, CNRS, ICM

16h00-16h30 : Conclusion : Kamel Dorai, Chargé de recherche CNRS, Migrinter, ICMigrations

Adresse

5, rue Théodore Lefebvre
Poitiers, 86000 France

 

RENCONTRE AUTOUR DE GILDAS SIMON

Laboratoire Migrinter » Manifestations » Journées d’étude

La création du champs d’étude des migrations internationales

Poitiers, MSHS – salle des conférences

28 septembre 2021, 9h – 17h30

La journée sera retransmise en direct sur la WEB-TV de l’université de Poitiers.

Cette journée dédiée à Gildas Simon, fondateur de Migrinter, a comme objectif d’opérer un retour sur sa contribution et son parcours scientifique. Ses travaux ont déterminé le positionnement scientifique original de notre laboratoire et la place singulière qu’il occupe dans le panorama français et international des études migratoires. Depuis sa création en 1985, Migrinter a réalisé une ouverture disciplinaire de la géographie vers l’histoire, le droit, la sociologie, l’anthropologie et la démographie. Gildas Simon a eu un rôle fondamental dans le développement de cette perspective et dans l’articulation entre les activités de recherche, de formation, d’édition et de documentation. Il a été à l’origine de la mise en place d’un enseignement spécifique sur les migrations internationales avec la création d’un diplôme d’études approfondies – DEA – à partir de 1991  ; d’une activité éditoriale scientifique, création de la Revue Européenne des Migrations Internationales – REMI – en 1985, et du développement dès 1985 d’un important centre de ressources documentaires sur le thème.

Lors de cette rencontre, il s’agira d’interroger la contribution de Gildas Simon à la création du champ des études migratoires en France et de son autonomisation, en s’appuyant sur quatre principes à la fois théoriques et méthodologiques : l’articulation des différentes échelles d’analyse (du quartier à l’échelle mondiale) ; l’adoption d’un « regard depuis le Sud » pour étudier les faits migratoires ; une recherche prenant en compte l’ensemble de l’espace migratoire (pays d’installation et pays d’origine ainsi que les autres pôles d’installation) ; le développement d’une approche pluridisciplinaire. Cette posture s’est développée dès la fin des années 1980 et se base sur l’adoption d’un regard spatialisé. Mais, dès la création du laboratoire Migrinter, Gildas Simon et ses collègues ont eu le souci d’inviter à Migrinter des chercheur·e·s venant d’autres disciplines que la géographie tout en développant des coopérations avec des chercheur·e·s originaires des pays étudiés. Cette orientation a permis le déploiement de recherches sur les migrations autour de thèmes novateurs (le rôle joué par les émigré·e·s dans l’urbanisation et le commerce ethnique en France ; les relations avec les pays d’origine et la participation des migrant·e·s aux projets de développement) ainsi que des concepts tels que ceux de champ migratoire ou de circulation. L’héritage de Gildas Simon a été poursuivi et l’équipe a consolidé ses paradigmes de recherche articulés autour de quatre principes : la centralité de l’action du· migrant ; la conceptualisation du champ migratoire comme étant organisé autour des routes et des parcours migratoires ; l’articulation des dimensions spatiales et temporelles ; le dépassement d’une approche dichotomique et stato-centré.

Nous pensons que tracer l’histoire de notre laboratoire à travers la figure de Gildas Simon apporte un éclairage intéressant sur la manière dont s’est réalisée progressivement l’institutionnalisation des études migratoires en France. Réunir des chercheur·e·s qui ont participé à cet «  essai d’épistémologie collective  » expérimenté à Migrinter et les faire dialoguer, à travers une perspective interdisciplinaire, avec d’autres chercheur·e·s ayant contribué eux·elles aussi au développement des études migratoires permet un retour réflexif sur la manière dont les épistémologies et les méthodologies des études migratoires contribuent au dialogue tant scientifique que politique sur la thématique.

Adelina Miranda, Emmanuel Ma Mung, Gilles Dubus

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